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Gembukan Tôde Ryû

Ecole de Karaté-do issue de l'enseignement oku (profond) de Senseï Tsuneyoshi Ogura au Gembukan Dojo et faisant référence aux racines chinoises de ce qui allait devenir Karaté-do à Okinawa puis au Japon à partir des années 1920/1930.

Décédé en 2007, Senseï Ogura a laissé trois personnes dans sa succession : Roland Habersetzer et Pierre Portocarrero en France, Hisanori Ogura son deuxième fils au Japon.

Senseï Ogura a décerné le titre de Shihan (1984), puis le certificat de transmission et d'enseignement Menkyo-Kaïden (1988) à Pierre Portocarrero, lui accordant l'autorisation d'utiliser le nom du Dojo « Gembukan » pour ultérieurement baptiser son Ryuha (courant, style). Ce fut chose faite en 2006 en bonne harmonie avec Senseï Roland Habersetzer, Soke (titre décerné de son vivant par Senseï Ogura) de son propre Ryuha « Tengu-no-michi ».

Cette école se situe hors du cadre sportif, compétitif et administratif généralement admis et insiste fondamentalement sur la fluidité, la flexibilité et la continuité à travers Katas, Kihon et Kumité, visant un épanouissement du pratiquant à travers une démarche à long terme. La progression propre à cette école n'utilise plus depuis 2006 le système hiérarchique en « Dan » mais uniquement les certificats de transmission et de compétence (Menkyo-jo).

 

La pratique du Gembukan

 

Le terme todé 唐手 signifie littéralement «main des tang» ; il désigne ainsi sur l'île d'Okinawa l'ensemble des pratiques martiales qui se veulent reliées à des origines Chinoises. Ces diverses pratiques peuvent essentiellement se regrouper en trois courants, qu'il est habituel de nommer en fonction du lieu géographique où elles se développèrent, à savoir : Shuri-té, Naha-té et Tomari-té. Ces trois localités étant très proches, il y eu de ce fait de nombreux échanges entre ces trois formes de pratique. Néanmoins, chaque courant reste porteur d'une conception de la pratique ayant des caractéristiques qui lui sont propre.

Gembukan 弦武館 est le nom du dojo fondé par Ogura Tsuneyoshi en 1944 à Kofu (Japon). Dans ce dojo, Ogura Sensei n'enseignait pas de façon systématique une méthode clairement définie ; il concevait plutôt son dojo comme un lieu d'échange, de pratique et d'épanouissement pour chaque pratiquant qui y entrait. C'est ainsi que, selon la demande et le parcours de chacun, il pouvait enseigner des formes (kata) différentes, donner des conseils variés, en gardant à l'esprit que l'humain doit être mis au centre de la pratique.

D'un point de vue purement technique, le cursus de base de l'école s'articule autour de trois axes de travail, qui sont :

  • les 24 katas dits "antiques" du todé
  • les Fukyu-katas de Senseï Ogura
  • les différentes formes de Kumité

avec en complément quelques exercices spécifiques seul ou à deux (Junbi-Undo, Kote-Kitae, séries de blocages/attaques fondamentaux, étude de Suwari-waza etc ...).

A. LES 24 KORYU-KATAS.

Ils proviennent des trois courants fondamentaux du todé : Shurité, Nahaté et Tomarité, arrivés sur l'ile d'Okinawa avant le 19è siècle. On peut classer les katas de ces écoles comme suit :

  • Shurité (et en partie Tomarité) : Jitte, Jiin, Jion, Kushanku, Passai, Wankan, Wanshu, Lohei, Useishi, Chinto, Chinte.
  • Nahaté : Naifanchi, Sanchin, Saifa, Seyunchin, Sanseru, Seisan, Shosochin, Seipai, Kururunfa, Suparimpei.
  • Tomarité (Ecole de Aragaki/Niigaki) : Niseishi, Sochin, Unsu.

Les katas Hakufa, Happoren, Rokkishu et Tensho (provenant des écoles de grue) font aussi partie du cursus enseigné dans le Gembukan. L'étude d'un kata ne se limite pas à la mémorisation de l'enchaînement, qui n'en est que le point de départ. Vient ensuite tout un travail d'approfondissement à travers les Bunkaïs (explications, décomposition, applications), mais aussi la réutilisation des diverses façons de faire (stratégiques, techniques, énergétiques ...) contenues dans le kata. Notons qu'à un niveau avancé, tous les katas s'éxécutent à deux en futari-bunkaï, c'est-à-dire où l'un des partenaires fait le kata (modulo quelques adaptations) et l'autre les attaques/défenses correspondantes, ce qui donne ainsi un combiné à deux entier.

B. LES FUKYUS-KATAS.

Parallèlement aux katas "antiques" vient s'ajouter le concept de Fukyu-kata, créé par T. Ogura lui-même. Il s'agit d'une structure de kata simple, similaire dans la forme aux Taikyokus-katas, mais qui permet directement le travail seul, à deux (Futari Bunkai), à trois (San-nin Bunkai) ou à 5 (Go-nin Bunkai), les partenaires effectuant des séries d'attaques correspondantes.

Il y a six Fukyus-katas de base codifiés, mais une fois le principe compris il est possible d'en créer à volonté, selon le contenu technique que l'on veut y mettre. Dans l'éxecution en solo, ces Fukyu-katas viennent en sorte remplacer et approfondir le travail de Ki-Hon dans le Gembukan, dans le sens où il s'agit souvent de techniques simples, répétitives, mais qui trouvent ensuite directement leur application dans les exécution avec partenaire.

De plus, il existe de nombreuses variantes d'applications à deux (attaques en symétriques, gyakuté, déplacements circulaires, etc ...) valables pour chaque Fukyu-kata ce qui fait de l'ensemble un tout à la fois cohérent et très riche au niveau des sensations, applications, déplacements etc ...

C. LES DIFFERENTS KUMITES.

Le sens de base du mot "kumité" est "rencontre des mains", et donc par extension : travail à deux, affrontement, assaut, ceci pouvant être libre ou conventionnel. Mais en tous cas, il s'agit d'un acte de rencontre, d'où l'utilisation plutôt du mot "partenaire" dans ce cadre, à la place du terme "adversaire" (reservé à une rencontre sportive ou une aggresion).

En gros, le kumité se divise en deux catégories : le yakusoku-kumité (assaut conventionnel) et le jyu-kumité (assaut libre).

Yakusoku-kumité recouvre plusieurs types basiques de kumité :

  • Ippon-kumité (assaut conventionnel sur un pas), assez classique dans le karaté
  • Sanbon et gohon-kumité (assauts conventionnels sur 3, 5 pas etc ...). A noter que si le Ippon-Kumité est assez "figé" par essence, le sanmbon kumité implique des déplacements et peut donc recouvrir des façons assez diverses de travailler (en ligne droite bien entendu, mais aussi en cercle, en zig zag, avec esquive etc ...).
  • Jyu-Ippon-Kumité : varation partant du Ippon-Kumité, mais libre : l'attaque est déterminée, mais sans partir d'une position figée. C'est un premier pas vers le Jyu-Kumité.
  • Ju-Kumité : assaut souple (Ju). A ne pas confondre avec le Jyu-Kumité (libre), le Ju-kumité reste un yakusoku-kumité dans le sens où une consigne est donnée, l'assaut doit rester souple (au sens de la vitesse et l'intensité des échanges). Nénamoins l'aspect technique n'est pas restreint, c'est donc un stade intermédiaire entre le yakusoku-kumité et le jyu-kumité.

Jyu-kumité est l'assaut libre ... qui peut être relativement souple ou au contraire très appuyé. Mais on reste dans le kumité, dans le sens "échange" entre deux partenaires. C'est donc un stade assez avancé d'échange car il est parfois difficile de ne pas basculer dans autre chose.

Iaï-kumité est en quelque sorte le dernier stade, à la limite de la notion de kumité ...

On distingue aussi dans le gembukan les kumités concordants et discordants : pour le kumité concordant, la consigne est identique pour les deux partenaires, alros qu'elle n'est pas la même dans le cas discordant. Exemple de kumité discordant : un des deux tente de travailler lent et rond alors que l'autre cherche à être vif et cassant ; autre exemple : l'un cherche à faire des entrées pour aller au sol alors que l'autre cherche au contraire à ne surtout pas se laisser embarquer vers le sol. Bien entendu, les kumités discordants ne sont abordable en toute facilité qu'après une certaine habitude des kumités concordants.